Sur les trois RingConn, c’est la seule qui annonce détecter des schémas d’apnée du sommeil, et c’est la ligne qu’on lit le plus mal. Elle ne veut pas dire que la bague sait si tu fais des apnées. J’ai passé sept ans à poser des capteurs sur des gens qui dormaient mal, alors autant expliquer tout de suite ce qui se cache derrière ce mot.
Ce que j’en pense en trois phrases
Notée 8,7, elle se place entre ses deux sœurs. C’est la mieux équilibrée des trois. 12 jours d’autonomie, 2 mm d’épaisseur, un corps en titane, aucun abonnement. À 299 €, elle coûte 60 € de plus que la Gen 2 Air et 70 € de moins que la Gen 3, et elle prend à chacune ce qu’elle a de mieux, sauf sur un point que je détaille plus bas.
Les acheteurs la notent 3,8 sur 5, sur 329 avis relevés le 3 août 2026. Des trois générations, c’est celle que les porteurs classent le plus bas, alors que ses caractéristiques sont celles qui me plaisent le plus. L’écart mérite d’être signalé plutôt qu’expliqué : je n’ai pas de quoi le trancher.
Détecter des schémas d’apnée n’est pas poser un diagnostic
Douze capteurs. Voilà ce qu’il faut pour une polysomnographie : flux nasal, effort thoracique, saturation, électrodes sur le crâne. On voit l’arrêt respiratoire, sa durée, sa conséquence sur l’oxygène. Au doigt, tu as un capteur optique et un accéléromètre. Deux. Ils relèvent un pouls et des mouvements, ils en déduisent une respiration, et ils signalent des schémas.
Je ne dis pas ça pour dévaloriser la fonction. Je dis ça parce que j’ai vu arriver au laboratoire une patiente avec six mois de données et la certitude d’être malade, et que la nuit d’enregistrement n’a rien montré. Signaler des schémas, c’est du bon travail tant que ça t’envoie chez un médecin. C’est du mauvais travail quand ça te sert de verdict.
Cela dit, si tu ronfles, si on te dit que tu t’arrêtes de respirer, si tu te réveilles fatigué sans savoir pourquoi : cette ligne justifie les 60 € qui séparent la Gen 2 de la Gen 2 Air. C’est la seule fonction que l’une a et que l’autre n’a pas.
2 mm : personne ne fait plus fin dans ce comparatif
2 mm d’épaisseur pour 6,8 mm de large. Premier rang sur les huit modèles dont je connais l’épaisseur, pour une médiane à 2,45 mm.
Ce chiffre décide plus de choses qu’il n’y paraît. Épaisse, une bague frotte contre le doigt voisin quand tu fermes la main, elle accroche dans les poches, elle gêne au clavier. Et là, tu la retires. C’est presque toujours ça qui envoie un capteur au fond d’un tiroir, jamais la précision des mesures. Un objet qu’on porte encore dans six mois vaut mieux qu’un objet précis qu’on a arrêté de porter au bout de trois semaines.
Le titane la place entre 2 et 3 g selon la taille, contre 2,5 à 4 g pour la Gen 2 Air en acier. Un gramme au maximum. Sensible la nuit, jamais décisif.
Un boîtier de charge lié à ta taille, et c’est le seul agacement sérieux
Le boîtier de charge de la Gen 2 dépend de la taille de la bague. La Gen 3 en propose un universel. Si tu veux un second socle au bureau, ou si tu changes de taille dans deux ans parce que tes doigts ont changé, tu repasses à la caisse.
L’autre absence tient en une ligne. Pas d’alertes par vibration : la Gen 3 se les réserve. Pour ma part je ne les cherche pas, mais si tu comptais te réveiller au doigt plutôt qu’au téléphone, c’est un critère de tri, pas un détail.
12 jours et 10 ATM, sans le moindre prélèvement mensuel
12 jours annoncés, deuxième meilleure valeur du comparatif, pour une médiane à 7 jours. Une étanchéité de 100 m en IP68, la meilleure classe relevée ici. Et le tableau constructeur affiche « Free » en face de « Subscription Fee ». Rien à payer, jamais.
Ce dernier point pèse plus lourd qu’on ne le croit dès qu’on raisonne sur trois ans. L’Oura Ring 4 coûte 264,99 €, soit 34 € de moins, tient 8 jours, mesure 2,88 mm d’épaisseur, et demande un abonnement pour afficher ce qu’elle relève. Autrement dit : moins chère à l’achat, plus épaisse, moins endurante, et payante à l’usage. J’ai regroupé les bagues sans abonnement pour cette raison, parce que le prix affiché n’est pas le prix payé.
Le bon acheteur de cette Gen 2, et le mauvais
Elle est faite pour toi si le sommeil est ta vraie raison d’acheter une bague, et surtout si la respiration nocturne t’inquiète. Deuxième cas : tu veux ce qui se fait de plus fin, et le titane te tente. Troisième : tu comptes garder ce capteur plusieurs années, et sans abonnement l’objet finit par se rembourser tout seul.
Deux raisons de renoncer. La première, économiser sur la Gen 3 en croyant tout garder : tu perds 2 jours d’autonomie, les alertes par vibration et le boîtier universel. La seconde tient en une question. Est-ce que les 60 € d’écart avec la Gen 2 Air te font hésiter ? Si oui, la fonction d’apnée ne t’intéresse pas vraiment, et tout le reste est identique.
Ce que je retiendrais à ta place
Voilà la RingConn la mieux dosée : la plus fine, la deuxième plus endurante, la seule des deux Gen 2 à guetter la respiration. Ses 299 € achètent une chose précise et repérable, ce qui n’est pas si courant dans cette niche. Si cette chose ne te parle pas, descends d’un cran et garde 60 €.